Nourrir la réflexion
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- Le présent - occasions et possibilités
- Le chemin à parcourir
Le présent - occasions et possibilités
Mobilité et offre de transport
Les villes se sont historiquement construites sur un paradigme d’efficacité : rapidité et fluidité des échanges, de la mobilité, des transactions. Il en va autrement aujourd’hui pour les grands centres urbains confrontés à une perte d’efficacité dans les transports, les congestions, le temps de déplacement. L’aménagement monofonctionnel séparant les espaces résidentiel, commercial et de services y contribue. Le défi de réduire le temps requis pour les déplacements en est un d’efficacité qui joue sur la compétitivité des entreprises sur un territoire, et participe à la qualité de vie et à l’attraction de la main-d’œuvre. Les bassins d’emplois et l’espace économique se définissant au delà des limites municipales, les transports (et les infrastructures) exigent une planification et une coordination à une échelle régionale, métropolitaine ou d’agglomération. Le changement de comportement de la part des individus pour réduire l’usage de la voiture, ne peut précéder une offre de solutions de rechange. Un nouvel équilibre entre le transport collectif et le transport routier devra être atteint. Il en est de même pour la compatibilité entre les modalités d’aménagement et d’urbanisme et les impératifs de la mobilité et du transport durables.
Instruments pour une autonomie effective
Malgré l’absence d’une reconnaissance constitutionnelle, le monde municipal peut, dans les faits, assumer ou conquérir davantage d’autonomie face aux gouvernements supérieurs. Deux domaines méritent une issue à long terme entre le gouvernement et les municipalités : le financement des responsabilités sociales et le financement des infrastructures publiques. Un partage des revenus fiscaux peut être envisagé s’il est inscrit dans une optique commune de création de richesse. Enfin, le monde municipal québécois n’a, jusqu’à main- tenant, jamais emprunté la voie d’une prise en charge d’instruments financiers collectifs. En Colombie-Britannique, les municipalités se sont dotées d’une agence indépendante du gouvernement, gérant leurs intérêts en matière de placements et d’emprunts, recourant davantage au marché de la dette que leurs homologues canadiennes. Les municipalités québécoises pourraient s’intéresser à de telles formules si elles démontrent des gains économiques et politiques.
Innovations numériques
La ville 2.0 est déjà en marche ici mais de façon plus audacieuse encore en Asie et en Europe. L’intégration des technologies numériques dans les grandes fonctions municipales comme l’aménagement, les transports ou les services à la personne, offre un grand champ pour l’innovation et l’efficience. Plusieurs milieux comptent sur des processus d’innovation ouverts à la participation des citoyens pour faciliter l’émergence de solutions nouvelles et adaptées. Forte de la présence de nombreuses entreprises numériques, leaders dans leur domaine, les municipalités québécoises pourraient miser sur cette force pour innover et donner l’exemple à cet égard.
Énergies et le marché du carbone
Une dizaine de municipalités bénéficient des retombées de la production et de la distribu- tion de l’énergie hydroélectrique. Le potentiel en matière de biomasse, d’énergie éolienne, solaire ou autre peut servir de levier économique à l’avenir.
De plus, le marché du carbone qui se structure peut ouvrir de nouvelles possibilités par la valeur que peuvent avoir des projets municipaux réduisant les gaz à effet de serre.
Mise en valeur du territoire
Autant en milieu urbain, périurbain que rural, le territoire peut, à l’avenir, servir davantage le développement des communautés s’il est exploité dans une optique de « valeur » plutôt que de « volume ». En milieu urbain, la mise en valeur du patrimoine bâti et la requalifica- tion des friches industrielles en constituent des exemples. Avec l’épuisement des réserves foncières, la ville de demain doit, plus que jamais, se reconstruire sur celle d’aujourd’hui, en rénovant, en reconvertissant, en valorisant le cadre de vie. C’est également le cas pour les milieux périurbains, qui, de surcroît, se frottent à la zone verte perçue comme une réserve de taxes foncières. Le contexte se prête à une mise en valeur différente, en trans- formant cette zone en un atout d’attraction de qualité pour répondre aux tendances, avec une agriculture de proximité, une forêt accessible, un patrimoine naturel ou des circuits. L’installation de jeunes familles et l’attractivité de la communauté pourraient être renforcées. Dans les milieux ruraux, ces mêmes atouts difficiles à capter par le marché constituent pourtant des valeurs importantes pour l’avenir. Ils pourront jouer davantage si des mécanismes adaptés venaient à les mettre en valeur.
Synergies territoriales
Les échanges et les collaborations entre les municipalités peuvent avoir un intérêt social dans un contexte où les disparités se creusent sur le plan de la démographie et de l’im- migration. Des synergies peuvent également émerger, des liens entre les communautés d’affaires, la création et la diffusion de la culture, etc. Le réseau universitaire, pour sa part, constitue un formidable levier et une tête de pont pour la coopération et pour des projets d’échanges. L’aménagement du territoire qui a souvent été source de division peut, à la faveur de réformes possibles (diversification des revenus réduisant le poids de l’impôt fon- cier par exemple), laisser émerger de nouvelles issues propres au Québec. Des formes de densification adaptées restent à inventer entre un centre dense et une banlieue étendue (qui répondent chacun à des besoins différents).
Collaborations internationales
Déjà nombreuses, les collaborations entre des municipalités québécoises et celles de différents pays pourront trouver davantage de prolongement avec les technologies de l’information. L’échange d’expérience sur les plans professionnel et politique peut s’en- richir particulièrement avec des pays ayant franchi des pas en matières d’environnement et d’économie verte (pays scandinaves, Europe). Les liens économiques avec l’Asie en constante croissance peuvent susciter un intérêt pour des échanges académiques ou entre municipalités.
L’intérêt social pour le local
Plusieurs indices montrent un regain d’intérêt social pour la chose locale. Le désir d’avoir une prise sur son destin en agissant localement vient contrebalancer un sentiment d’im- puissance face au modèle économique de globalisation. La montée des valeurs écologi- ques, celles liées à la qualité de vie et à la proximité, vient remettre le milieu local sur les devants de la scène publique. Mieux informées et plus critiques, les nouvelles générations s’emparent des réseaux sociaux pour débattre des questions d’environnement, de culture ou de développement, toutes liées, de près ou de loin, à la politique municipale et à l’amé- nagement du territoire. D’autres indices récents confortent cette impression de regain d’intérêt : la hausse du niveau d’inscription dans les programmes touchant le développe- ment local (aménagement, urbanisme, transport, développement durable, design urbain, etc.), la proportion de nouveaux élus et élues en 2009 (près de 50 %). Il est possible en revanche que la politique municipale n’engrange pas encore les avantages de cet intérêt social pour le milieu local.



